Bilan de l'activité des services d'urgences
en Île-de-France en 2005
Auteurs
Service médical de l'Assurance Maladie d'Île-de-France.
Mots clés
Urgences - SAMU - SMUR - planification - activité - organisation.
Introduction
Le service médical a mis en place en 2000 un outil continu de suivi du
schéma régional d'organisation sanitaire (SROS) relatif à l'activité d'accueil
et de traitement des urgences.
Cette enquête poursuivie sur l'année 2004 avait pour objectif d'apporter
un éclairage sur :
- l'évolution générale de l'activité des services
d'urgence autorisés en Ile-de-France.
- l'activité et l'organisation de ces services ainsi que ceux de l'aide
médicale urgente au cours de l'année 2005.
- la mise en place des recommandations du SROS et les difficultés rencontrées
par les établissements.
Matériel et méthode
Population étudiée :
Les établissements de la région Île-de-France autorisés à exercer les
activités d'accueil et de traitement des urgences et d'aide médicale urgente.
Echantillonnage :
Enquête exhaustive pour l'année 2005.
Collecte de l'information :
Elle a été réalisée à l'aide d'un
questionnaire informatique, sécurisé
par un identifiant et un mot de passe, mis à disposition sur le
site de l'Arhif.
- Pour les services d'urgence :
- Les questionnaires SAMU et SMUR
étaient respectivement accessibles aux directeurs des SAMU départementaux
et aux directeurs des établissements autorisés pour un service mobile
d'urgence et de réanimation. Le recueil concernait les données d’activité
2005 et les organisations mises en œuvre.
- L'évolution de l'activité a été suivie et actualisée depuis 1996.
- Pour l'aide médicale urgente :
- Un questionnaire spécifique SAMU et SMUR a été adressé respectivement
aux directeurs des SAMU départementaux et aux directeurs des établissements
autorisés pour un service mobile d'urgence et de réanimation. Le recueil concernait les données d'activité 2005 et les organisations mises en oeuvre.
Résultats
1 - L'activité
- 3 026 052 passages ont été comptabilisés en 2005
dans les services autorisés.
- Les établissements SAU ont pris en charge près des deux
tiers de la totalité des passages aux urgences : 64 %.
- L'augmentation globale d'activité entre 1996 et 2005 a été
importante : + 40 %. Elle est de 6 % entre 2001 et 2005.
- Le taux d'évolution du nombre de passages a notablement diminué : 7%
en 1998, 5,7 % en 2000, 1,9 % en 2002, -1,7 % en 2004 et 3,7 % en 2005.
- Le taux moyen d'hospitalisation était de 16,3 % en 2005 et le
taux moyen de l'ordre de 2,4 %.
- 1 235 341 affaires ont été gérées par les SAMU en 2005. Ce nombre a
augmenté de 6,8 % depuis 2003 et de 3,7 % entre 2004 et 2005.
2 - La population prise en charge
- Le profil de la population prise en charge en 2005 était comparable
à l'année précédente.
- Il existait une part importante de patients de gravité relative
(91 % de patients classés CCMU 1 ou 2).
- Les enfants et les personnes âgées aux urgences, qui représentaient
respectivement 30 % et 8,1 % du total des passages, ont été pris en charge
principalement dans les établissements publics.
- Les affaires traitées par les SAMU provenaient en majorité
des particuliers à domicile (68 %). L'activité des SMUR
polyvalents était principalement primaire (83 %), celle des SMUR
pédiatriques essentiellement secondaire (78 %).
3 - L'organisation
- En 2005, tous les établissements autorisés n'étaient pas encore équipés
d'unités d'hospitalisation de courte durée (UHCD).
- Les établissements se sont peu engagés sur la voie des consultations
non programmées qui n'étaient présentes que dans 19 % des établissements,
en diminution par rapport aux données déclaratives 2001
(26 %).
- Seulement 20 % des établissements ont mis en oeuvre une gestion
de l'aval associant procédure en UHCD, contractualisation interne
et externe pour l'accès au spécialiste, au plateu technique,
aux lits d'aval et aux structures de soins de suite.
Discussion
Alors que les taux d’évolution annuels du nombre des passages
sur les quatre dernières années évoquaient plutôt
une stabilisation avec des fluctuations conjoncturelles, le volume des urgences
a augmenté en 2005, dépassant la barre des 3 millions de passages
(+ 3,7 %). Ce constat doit prendre en compte le caractère inflationniste
du mode de tarification, dont les règles mériteraient d’être
précisées, et le raccourcissement du temps de validation des
données déclaratives lié, cette année, à
la procédure des renouvellements d’autorisations.
L'activité des urgences comprenait toujours une part importante et
stable de patients de gravité relative pouvant relever d'une prise
en charge en consultation dans une autre filière.
L'hétéogénéité des données actuellesdes
SAMU et SMUR ne facilite pas l'analyse comparative de l'activité
des services d'aide médicale urgente.
Ces constats doivent inciter à poursuivre les efforts :
- de mobilisation de la médecine de ville et de l'organisation de consultations
hospitalières à horaires élargis en amont,
- de contractualisation interne et en réseau afin d'optimiser l'accès
aux compétences spécialisées et aux capacités
d'aval,
- d'optimisation du traitement de l'information visant une meilleure lisibilité
de l'activité d'aide médicale urgente.
Contact
Docteurs Brigitte Thévenin-Lemoine, Patrick Ducret et Sylvia
N'Guyen Dang - Médecins-conseils
Mission Hospitalisation
Tél : 01.40.05.64.59 - Fax : 01.40.05.37.37
E-mail :
espes@ersm-idf.cnamts.fr